Qui sont les cols noirs, et pourquoi l’avenir leur appartient.

Une économie de l’innovation se met en place qui demande une autre manière de voir le monde, d’autres qualités, d’autres outils intellectuels, et, peut-être, d’autres personnes pour les incarner. Ils sont designers, ingénieurs de R&D, artistes, chercheurs, startupers, créatifs, chasseurs de tendance, directeurs de laboratoire, coachs, lead users, business angels, directeurs d’incubateur, prospectivistes… Ce sont des professionnels de l’innovation. Je les appelle les « cols noirs ». L’avenir leur appartient. Ce blog leur est dédié.

L’innovation, qui était naguère laissée à la chance, au hasard, à la sagacité de quelques-uns, est devenue un métier en soi.

Depuis la fin du XXe siècle, la communauté industrielle des pays occidentaux subit une mutation profonde sous l’influence de deux facteurs : la saturation de la demande en biens de première nécessité ; et la concurrence économique des pays asiatiques sur les marchés traditionnels. Ces deux facteurs se sont conjugués, et le résultat est spectaculaire. Nous sommes passés d’une économie de la production, à une économie de l’innovation.

Il ne s’agit plus de produire le même bien en très grand nombre, au moindre coût, avec la plus petite des variances. Il s’agit de mettre sur le marché des produits toujours plus innovants, le plus rapidement possible. Les entreprises doivent désormais se soumettre au paradoxe qu’énonçait le romancier italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans son livre Le Guépard : il faut que tout change pour que rien ne change.

Parmi toutes les conséquences de cette nouvelle donne économique, la plus importante est probablement celle-ci : l’innovation, qui était naguère laissée à la chance, au hasard, à la sagacité de quelques-uns, est devenue un métier en soi. En 2015, ce métier admet trois caractéristiques : il est mal défini ; il est fragmenté ; il est difficile.

Les entreprises doivent désormais se soumettre au paradoxe qu’énonçait le romancier italien Giuseppe Tomasi di Lampedusa dans son livre Le Guépard : il faut que tout change pour que rien ne change.

Premièrement, il est mal défini.

Ce métier est le pendant dans l’économie de l’innovation de ce que fut le management dans l’économie de production. Mais, si l’on connaît les questions essentielles du management pour avoir accumulé cent cinquante ans de pratiques et de réflexions, en revanche, nous avons moins de recul pour comprendre les questions que soulève le métier de l’innovation. Tous ces hommes et ces femmes qui vont incarner l’innovation dans leur entreprise, que devraient-ils comprendre aujourd’hui qui permettrait à leur compagnie de vivre longtemps dans l’économie de l’innovation ? Quels outils devraient-ils manier ? Quels réflexes devraient-ils acquérir ? Pour quels objectifs ? Ce n’est pas encore clair.

Deuxièmement, il est fragmenté.

La liste des intervenants dans le processus d’innovation est longue. Elle est aussi variée. Ils sont designers, ingénieurs de R&D, artistes, chercheurs, startupers, créatifs, chasseurs de tendance, directeurs de laboratoire, coachs, lead users, business angels, directeurs d’incubateur, prospectivistes… Ce sont tous des professionnels de l’innovation. Je les appelle les « cols noirs », pour les distinguer des cols bleus (les ouvriers) et des cols blancs (les cadres de l’économie de production). Pourquoi noir ? Parce que Steve Jobs était connu pour porter des pulls cols roulés noirs. Bien sûr, cette fragmentation de l’innovation en différents sous-métiers est historique. Nous sommes quelques uns à penser qu’elle est transitoire. Comprendre la dynamique de ce rassemblement est l’une des questions parmi les plus passionnantes de l’économie de l’innovation.

Pourquoi noir ? Parce que Steve Jobs était connu pour porter des pulls cols roulés noirs.

Troisièmement, il est difficile.

En France, en 2015, les forces réactionnaires sont puissantes. Elles investissent la rue. Elles dominent le débat public. Elles entrent à l’Académie. Il s’agit d’une situation classique en période de changement. Les entreprises n’échappent pas à ce phénomène. Le top management des grandes compagnies a été éduqué dans l’économie de production : il ne comprend pas la nouvelle économie. Il dézingue la jeunesse, l’imagination, l’audace. Il juge ce qui naît à l’aune de ce qui fonctionne. Il pratique le quantitatif. Il construit des lignes Maginot. Bref, il s’accroche à ses privilèges. Face à l’armée du statu quo, les cols noirs se doivent d’être rusés. Ils ont besoin d’aide pour agir avec précaution, dans l’anticipation des chausse-trappes.

Le métier de l’innovation est le mien depuis dix ans, maintenant. Ces trois caractéristiques me passionnent depuis plus de temps encore. J’ai accumulé sur ce sujet un matériau considérable. Il est temps de le partager.

L’objectif de ce blog est de contribuer à définir le métier de l’innovation. Sa vocation est de rassembler les « cols noirs ». Son ambition est de leur faciliter le travail.

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